Chinois de Tahiti : Enracinement et quête identitaire de 1973 à aujourd’hui

Jean Chahaut, président de l’association Dragon Tigre. - © J. GirardotBâtiment de l'association philanthropique chinoise à Papeete - © J. GirardotBâtiment de l'association philanthropique chinoise à Papeete - © J. GirardotDécoration du jour de l'An Chinois, marché de Papeete - © J. GirardotDécoration du jour de l'An Chinois, marché de Papeete - © J. Girardot"Danse des lions" dans les commerces lors du nouvel an chinois - © J. GirardotUn lieu de rencontre de la communauté, le bâtiment du Sinitong à Papeete - © J. GirardotTemple Kanti à Papeete, haut lieu de la comm unauté chinoise - © J. Girardot
Chinois de Tahiti : Enracinement et quête identitaire de 1973 à aujourd’hui
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Des premiers Chinois débarqués sur les rivages de Tahiti en 1865 comme “coolies” aux nouvelles générations de Polynésiens d’origine chinoise cent cinquante ans plus tard, qu’en est-il de l’évolution et des aspirations de cette communauté indissociable de l’histoire moderne de la Polynésie française ? Rencontres et portraits croisés.

La Polynésie française, un lieu pluriethnique, s’est façonnée avec ses différentes composantes. L’une d’entre elles, la communauté chinoise, a longtemps vécu repliée sur elle-même autour des associations et des écoles qu’elle a constituées tout en gardant un lien fort avec la Chine continentale. Mais les années 1960 et ses événements politiques, géostratégiques et économiques, vont profondément la transformer, le point d’orgue étant, en 1973, l’obtention de la nationalité française pour les 10 000 Chinois résidant en Polynésie française.

Quarante-deux ans plus tard, qu’en est-il de cette communauté chinoise dans le Tahiti d’aujourd’hui ? Peut-on d’ailleurs parler d’une communauté monolithique devant tant de diversité ? Le métissage et les parcours de vie différents entre Chinois installés dans la zone urbaine de l’île de Tahiti, et ceux des zones rurales ou d’autres îles, ont parfois eu raison des origines.

Jean Kape, de son véritable nom Fasan Chong, est un grand défenseur de la culture et de la langue paumotu, langue propre à l’archipel des Tuamotu. Né à Napuka, une île de cet archipel, son père était l’unique Chinois de cet atoll isolé. « Mon père est né à Canton. Il est venu sans épouse chinoise et s’est mis en ménage avec ma mère paumotu. Enfants, nous communiquions peu avec mon père, car il était sourd. Ma culture et ma langue sont totalement paumotu. Je ne me suis jamais senti Chinois, je ne parle pas la langue, je ne la comprends pas », précise Jean Kape. Pour se dédouaner en quelque sorte de ce peu d’intérêt pour la culture chinoise, il a trouvé une formule : « la culture chinoise n’a pas besoin d’être sauvée, elle n’est pas en danger, mais le paumotu si. Je suis bien plus utile à défendre l’héritage paumotu, à m’impliquer dans la conservation du patrimoine culturel et naturel des Tuamotu. » Est-ce pour cela qu’il utilise un nom d’usage bien loin de ses origines chinoises ? « Ce sont les autres qui ont modifié mon nom, qui ont fait en sorte d’écarter mon identité chinoise. Kape est mon prénom paumotu. Ma mère m’a toujours appelé ainsi. Jean est mon nom de baptême. »

« Une éducation polynésienne, un mode de vie polynésien… »

Autre nom de famille, autre histoire que celle de Hiro Ou Wen, né en 1944, créateur de bijoux d’art traditionnel polynésien très connu. Son père est un immigrant de la première heure. « Il s’est lancé dans l’élevage de porcs à Vairao (presqu’île de Tahiti, NDLR) en étant le premier à faire de la viande salée. À l’époque, il y avait une grosse demande de la part des baleiniers qui accostaient à Tahiti. Puis il a loué des terres à Punaauia, toujours pour l’élevage. C’est là qu’il a rencontré ma mère, une Tahitienne. Elle avait 15 ans, il avait une soixantaine d’années », raconte Hiro Ou Wen. Son père reconnaît l’enfant à la naissance et l’enregistre à l’état civil de Punaauia. Comme nombre de Chinois à l’époque, son père souhaite cependant retourner en Chine pour y finir ses jours. Il veut emmener son fils avec lui ce qui n’est pas du goût de la famille polynésienne. « Elle y était opposée. Du coup, on lui a conseillé d’aller faire une seconde reconnaissance à Papeete, quelques semaines après ma naissance. À l’époque, l’administration n’était pas très rigoureuse et les services entre les communes ne communiquaient pas. C’est ainsi que je me suis appelé Mataoa, du nom de famille de ma mère. Mon père est reparti en Chine quand j’avais deux ans. Je ne l’ai jamais connu. » C’est sous le nom de Mataoa qu’Hiro a grandi auprès de ses grands-parents : « J’ai eu une éducation polynésienne, un mode de vie polynésien, j’allais à la pêche avec mon grand-père, on cultivait la terre, on échangeait des produits quand on avait besoin de quelque chose en particulier. C’était une vie très simple. Je parlais tahitien, j’ai appris le français à l’école ». Après des études en métropole, Hiro intègre le Commissariat à l’Energie Atomique comme dessinateur. « Je suis revenu à Tahiti pour le travail, c’est là que j’ai rencontré ma femme, demi-chinoise, demi-paumotu. Nous avons décidé de nous marier à Punaauia, j’avais 26 ans. Juste avant le mariage, on m’a annoncé que l’acte de naissance que j’avais présenté au nom de Mataoa n’était pas valable et que seul celui fait par mon père était le bon. Jusqu’à mes 26 ans, j’ignorais que mon père m’avait reconnu et là, il a fallu que je change de nom.” Quand on demande à Hiro Ou Wen s’il porte en lui un héritage chinois, il rit en nous disant que ses enfants le trouvent parfois très Chinois de par son caractère !

Des histoires et des parcours différents

Les témoignages de Jean Kape ou de Hiro Ou Wen montrent que dès la première génération, sans présence de la femme chinoise véritable gardienne de la tradition, le métissage a gommé les traits de culture chinoise et qu’hormis un nom, des traits physiques parfois, il ne reste rien de ces origines. Mais pour la majorité des Chinois qui ont fondé une famille au sein de la communauté chinoise, l’histoire est différente.

À l’Association Philanthropique Chinoise  de Papeete, un homme nous a donné rendez-vous. Il a accepté de nous raconter l’histoire de sa famille, mais souhaite rester anonyme, « par pudeur ». Dans ce lieu chargé d’histoire, où les photos des ancêtres fondateurs de l’association trônent en bonne place, on perçoit le lien indéfectible à la Chine. « Mon grand-père est arrivé le premier, puis il a fait venir sa fiancée de 14 ans. Mon grand-père était artisan boulanger dans les îles, puis il s’est installé à Mataiea, une commune de Tahiti. Il avait une petite exploitation, une cocoteraie, il faisait un peu de distillation et il avait un petit magasin où on faisait plutôt du troc à l’époque. Mes grands-parents ont eu onze enfants. J’ai grandi dans cette famille, on ne sortait pas beaucoup de la communauté. On ne parlait que notre langue à la maison. Jusqu’à ma génération, il n’y avait pas de mixité. On se mariait au sein de la communauté chinoise. Ma grand-mère a choisi les maris de toutes ses filles. En 1948, j’avais 6 ans, il y a eu au sein de la communauté chinoise de Tahiti un grand mouvement de retour vers la Chine continentale. Mes grands-parents, trois tantes, un oncle, ma petite sœur et moi sommes partis les premiers. Mes parents devaient nous rejoindre ensuite. En Chine, mon grand-père a repris une exploitation, ma grand-mère faisait de la couture ; mes tantes sont entrées dans les jeunesses communistes et mon oncle dans l’administration. Très vite, mon grand-père s’est rendu compte que la vie était beaucoup plus difficile en Chine qu’à Tahiti. Il a prévenu la famille à Tahiti de ne pas nous rejoindre et pendant deux ans nous avons tenté de repartir vers la Polynésie. Cela a été très dur, car les frontières se sont fermées. Il a fallu traiter avec des passeurs. Une de mes tantes à Tahiti connaissait le gouverneur, elle a réussi à avoir pour nous des laissez-passer. Nous sommes restés bloqués six mois à Hong-Kong, puis nous avons transité par l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. J’avais 9 ans quand je suis revenu à Tahiti. Je ne parlais pas un mot de français.»

Abandon définitif de l’idée de retour

 Cette fermeture des frontières chinoises et l’abandon définitif de l’idée de retour a profondément transformé la communauté chinoise. Cette dernière a alors considéré qu’elle devait pleinement s’intégrer en adoptant des valeurs polynésiennes et françaises. Il y a eu d’abord la francisation des noms et, dans les années 1960, une conversion en masse à la religion chrétienne. L’abandon de l’école chinoise a conforté l’assimilation à la culture occidentale par l’éducation. « C’est à l’école des Frères que j’ai été converti au catholicisme, raconte ainsi l’homme rencontré à l’école philanthropique.  Toujours de nationalité chinoise à la fin des années 60, j’ai obtenu une bourse privée de la part des Frères afin d’étudier en France et revenir ensuite enseigner, en 1971, les mathématiques à Tahiti. » L’homme fera toute sa carrière dans l’enseignement privé et prendra notamment la direction d’un établissement. Cette assimilation à la culture occidentale ne l’a pas pour autant éloigné de sa propre culture. « Mon attachement à la communauté chinoise est très fort. J’ai grandi dans le quartier de l’école philanthropique, certains membres de ma famille y ont enseigné le chinois, mes grands-pères font partie des fondateurs de l’école. C’est un endroit important pour moi, ce sont mes racines, ce lieu me rattache à ma culture. J’ai baigné dans la culture ; j’ai épousé une Chinoise, les mariages mixtes ne se faisaient pas à l’époque ; entre nous, on parle chinois. A l’âge de 30 ans, je me suis même remis à étudier le chinois et, avec d’autres anciens étudiants, nous avons créé l’association Wen Fa pour transmettre notre culture.», nous confie l’ancien proviseur, conscient d’être à la croisée de deux cultures : « Nos enfants, eux, ont grandi dans une autre culture, plus française. Et puis, après les années 1970, il y a eu plus de métissage. Pour autant, il ne faut pas s’inquiéter. Même si on perd sa culture, sa langue, il y a toujours à un moment donné un retour à ses racines. »

Ernest Sin Chan – psychothérapeute spécialisé en ethnopsychiatrie, auteur de plusieurs ouvrages autour de l’identité hakka – et lui-même issu de la troisième génération née en Polynésie française – ne devrait pas contredire cette idée, lui qui nous a avoué avoir renié, à un moment donné, son histoire chinoise : « J’ai fait mes études en France, je me suis fondu dans la culture occidentale. Mais ensuite j’ai eu besoin de faire une recherche personnelle, je me suis perdu, je me suis retrouvé et aujourd’hui je suis très Chinois, tout en étant très occidentalisé ».

« Des logiques de pensées qui restent très chinoises »

 Concrètement, que reste-t-il vraiment de cette culture chinoise, de cette culture hakka ? « Les rites de vie et les rites de mort, les objets, mais aussi les logiques de pensée restent très chinoises, explique Ernest Sin Chan. Encore aujourd’hui, même si les Chinois sont convertis au christianisme, il y a un lien au temple chinois pour beaucoup d’entre eux. Nombreux sont les Polynésiens d’origine chinoise à faire « Ka san » deux fois par an pour honorer les ancêtres. Dans les familles, on s’interroge souvent à la naissance d’un enfant, lors d’un décès. C’est dans ces moments importants de la vie que l’on voit si l’origine chinoise est forte ou pas. »

Erwina Chanson, jeune femme d’une trentaine d’années, Miss Dragon 2006 (la communauté chinoise de Tahiti désigne chaque année son ambassadrice), chef d’entreprise et mère de deux enfants est loin de l’image de la femme traditionnelle chinoise soumise dont on choisissait l’époux ! Troisième génération de sa famille à être née à Tahiti, elle reconnaît avoir souvent entendu à son égard le terme de « Chinois raté »« Mes parents sont tous les deux des Polynésiens d’origine chinoise. Jusqu’à mon entrée à la maternelle, je ne parlais que le chinois. Ensuite, je n’ai voulu m’exprimer qu’en français.» Erwina n’a pas baigné dans la culture chinoise : « Mes parents sont très catholiques, donc on ne va pas au temple, on ne pratique pas les rituels hakkas. On fait tout de même « Ka san », c’est important pour les Chinois. Tous les six mois, on va au cimetière, on fait des prières, mais là encore, comme nous sommes catholiques, nous n’allons pas brûler l’encens, nous n’apportons pas à manger aux morts. »

« Porter en moi les valeurs de la culture chinoise »

 C’est finalement cette élection de Miss Dragon qui l’a plongée dans sa communauté. « Au départ, ce n’était pas un besoin de revendiquer mes racines, il s’agissait plutôt d’une opportunité. Par la suite, c’est devenu une recherche de ma culture. Cette élection m’a permis de rencontrer la communauté chinoise, car finalement je la côtoyais peu, à part à l’église.» Cette élection correspond aussi à un moment important pour sa famille, un retour aux sources voulu par son père, Daniel Chanson, président aujourd’hui de l’association Kuo Min Tang 2. « Mon père a voulu retrouver ses racines à l’âge de la retraite. Il a repris ses études en Chine, dans une université. Il est retourné sur les traces de ses ancêtres, à la rencontre de ses cousins. C’est lui le moteur ». Est-ce qu’Erwina fera un jour ce chemin vers sa culture ? « Je ne pense pas me mettre un jour à apprendre le hakka. Je n’ai pas besoin de cela pour communiquer avec mes proches. Mais au-delà de la langue, j’ai le sentiment de porter en moi les valeurs de la culture chinoise. Celles que mes parents m’ont transmises comme le sens du travail. Et puis, quand je croise des personnes d’origine chinoise, même si on ne se connait pas, on a le sentiment de partager la même histoire. »

Pour la jeune femme, cette conscience identitaire est née lorsqu’elle a quitté Tahiti pour ses études. « En Australie, lorsqu’on me demandait d’où je venais, c’était parfois compliqué à expliquer : je suis Polynésienne d’abord, je suis Française parce que c’est ma langue et je suis d’origine chinoise, car forcément mon patrimoine génétique ne trompe personne, mon physique dit que je suis Chinoise. Il est difficile d’expliquer tout ce mélange culturel, d’éducation et physionomique en une seule personne. Cela a rajouté à ma quête identitaire, car finalement on m’a posé des questions que je ne me posais pas en étant à Tahiti ». Ernest Sin Chan constate, lui aussi, que les nouvelles générations s’intéressent à leurs origines sans pour autant avoir forcément bénéficié d’une transmission.

Aujourd’hui, les membres de la communauté chinoise sont présents dans tous les secteurs d’activité de la société et occupent toutes les fonctions. Entre 2006 et 2011, Gaston Tong Sang, le maire de Bora Bora a même été Président de la Polynésie française à trois reprises. La communauté chinoise s’illustre aussi par la réussite de certains de ses membres dans le domaine économique avec la constitution de grandes entreprises et de véritables groupes. Malgré la perte de nombreux repères, les Polynésiens d’origine chinoise ont su ainsi jouer la carte de l’intégration sans renier totalement leur identité. Ils participent maintenant pleinement à ce fameux  “melting pot” polynésien qu’ils ont grandement contribué – et contribuent encore – à enrichir.

Alexandra Sigaudo-Fourny

Lucie Guilloux, arrière-petite-fille d’un coolie

Lucie, née Schmouker, est l’arrière-petite-fille d’un des premiers coolies venus travailler sur la plantation agricole de Atimaono. Né en 1842 et originaire du Sichuan, ce Hakka s’était installé avec femme et enfants à Hong Kong avant d’embarquer seul, en 1865, pour Tahiti. On lui attribua le numéro de matricule 102 et fut connu sous le nom de Chee Ayée ou Apao. Charismatique, il devint vite un leader de la communauté chinoise. Installé à Papara après la fermeture de la plantation, Chee Ayée ne fit jamais venir sa famille de Chine, mais se mit en ménage avec une Tahitienne, Terautahi Mihinoa a Tati, l’une des filles de Tati, grand chef de Papara. « C’est grâce à mon arrière-grand-père, via son alliance, que les Chinois ont pu obtenir une terre à Mamao pour y construire un temple, un dispensaire et un refuge pour les personnes âgées. », raconte Lucie. Chee Ayée eut deux fils, l’un n’eut pas d’enfant et vécut toute sa vie près du temple, l’autre, le grand-père de Lucie, eut 15 enfants avec une Tahitienne de Papara. La mère de Lucie, comme ses frères et sœurs, a grandi dans un environnement polynésien et ne parlait pas le chinois, bien qu’elle soit, pour l’administration française, de nationalité chinoise jusqu’à son mariage avec un Lorrain, le père de Lucie.

C’est une simple phrase, à la naissance de Lucie, qui décida de son destin « chinois » : « J’étais joufflue avec les yeux bridés, ce qui surprit ma grand-mère paternelle qui s’exclama : « Quelle jolie Tonkinoise ! ». En l’entendant, mon père décida que je serais la Chinoise de la famille. Mon père avait une grande admiration pour la culture chinoise », se souvient Lucie. Comme il le voulait, elle est la seule de la famille à intégrer, dès 3 ans, l’école chinoise pour y apprendre le hakka et quelques notions de mandarin. Malgré la fermeture des écoles chinoises dans les années 1960, elle réussit à poursuivre ainsi  sa scolarité jusqu’à ses 15 ans. « J’ai poursuivi mes études à Taiwan, dans un lycée pour Chinois d’Outre-mer. Ce fut un choc. Je n’avais que quelques notions en mandarin et il a fallu que je rattrape le retard. La nourriture, les conditions de vie spartiates, tout était très dur pour moi. Mais là-bas, je me suis fait des amis chinois du monde entier.» Aujourd’hui encore, Lucie a conservé un lien fort avec Taiwan où une famille taïwanaise l’a adoptée.

Peu de temps après avoir obtenu son baccalauréat à Taiwan, le père de Lucie décède, laissant seule la jeune fille face à ses choix : « Mon père avait toujours décidé de mon avenir et, pour la première fois, je ne savais plus ce que je devais faire. » Lucie choisit finalement de partir en France. Elle obtient une bourse et intègre les Langues’O (Inalco), tout en prenant des cours de français, car elle ne maîtrisait pas son écriture. Elle obtient une licence d’enseignement et un diplôme d’interprétariat. A Paris, elle rencontre son mari, un Polynésien d’origine chinoise et souhaite rentrer à Tahiti. « Quand j’ai eu ma licence, en 1979, j’ai demandé un entretien avec le haut-commissaire, Paul Cousseran, pour obtenir l’ouverture de l’enseignement du chinois dans les établissements scolaires en Polynésie. En 1980, j’ai été la première enseignante de mandarin dans un établissement public à Tahiti. » Lucie, la seule Chinoise de sa famille par la volonté de son père, parle aujourd’hui le hakka avec son mari, sa belle-famille et ses amis chinois de Tahiti et conserve les traditions. Ses deux filles ne parlent pas le hakka, mais ont appris le mandarin. « Je n’ai pas toujours été bien dans ma peau, j’ai eu du mal à trouver ma place entre deux mondes, deux cultures. C’est à Paris que je me suis enfin trouvée. Mes enfants pensent que je suis la plus chinoise de la famille ! »

Chinois de Tahiti : Enracinement et quête identitaire de 1973 à aujourd'hui
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