La Côte Ouest de l’île de Tahiti, entre lagons et vallées montagneuses.

Surplombant cet hôtel, la Pointe Taata ©P. BacchetEntrée de la grotte de Maraa, à Paea ©P. BacchetPlage sur le littoral de la commune de Paea ©P. BacchetLe lac Vaihiria, au coeur de l'île de Tahiti. ©P. BacchetCascade, jardin de Vaipahi ©P. BacchetSite archéologique à Paea : le marae Arahurahu ©P. BacchetLa marina Taina à Punaauia ©P. BacchetLe lac Vaihiria, au coeur de l'île de Tahiti. ©P. BacchetBaie de Phaéton, Presqu'île de Tahiti Iti, à Papeari. ©P. BacchetVente d'orange en bord de route à Punaauia. ©P. Bacchet
La Côte Ouest de l’île de Tahiti, entre lagons et vallées montagneuses.
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Elle a donné son nom à notre pays et est à l’origine d’un mythe, celui d’un paradis terrestre : Tahiti ! Un nom, certes, mais avant tout une île, la plus importante par sa superficie, la plus haute et la plus peuplée. Nous vous en proposons une découverte ou une re-découverte avec ici une balade sur sa côte ouest

Depuis le point kilométrique 0, dit «PK0», au pied de la cathédrale de Papeete, Tahiti est traditionnellement divisée en deux secteurs géographiques : « la côte ouest » et « la côte est ». Une division qui s’impose naturellement aux habitants de l’île, obligés de traverser la capitale pour se rendre d’un secteur à l’autre. Dans les faits, le « grand Papeete » s’étend aujourd’hui au long des deux côtes sur plus d’une dizaine de kilomètres en incluant des communes limitrophes de la capitale. Mais au-delà, et même avant si l’on s’engage vers les hauteurs de la montagne, chacune de ces côtes déploie une géographie et des paysages tout à fait originaux. La côte ouest, moins escarpée que la côte est – qui est en grande partie exposée directement à l’Océan Pacifique – dispose d’un vaste lagon protecteur. Elle est aussi généralement plus ensoleillée.

Cette situation a favorisé une urbanisation certaine dans sa partie la plus proche de Papeete. Mais elle a aussi favorisé l’installation de plusieurs hôtels et infrastructures touristiques qui peuvent ainsi proposer un paysage marin idyllique à leur clientèle. On y trouve aussi une marina. Mais au-delà de la carte postale, cette côte dispose de richesses naturelles et culturelles que le visiteur curieux aura plaisir à découvrir.

Commençons par prendre de la hauteur. Le mont Marau, situé sur la commune la plus peuplée de l’île, Faa’a, culmine à 1.441 m dominant l’aéroport international de Tahiti-Faa’a. Il est accessible (en 4x4 exclusivement ou à pied) par une piste qui traverse pendant une dizaine de kilomètres une végétation luxuriante et… des plantations de chou. Cette piste aboutit à des relais de télévision et à une plateforme d’envol de parapentes. Un sentier mène ensuite à son sommet d’où, par beau temps, l’on découvre en un panorama splendide les principaux points culminants de l’île surplombant Papeete. Au nord-ouest, on aperçoit aussi, bordant le littoral, la pointe Taata. Cette colline, conservée boisée, est peu visible depuis la route de ceinture et on n’y trouve pas d’anciens monuments. C’est pourtant un site sacré de première importance dans la culture polynésienne. Ce promontoire était considéré comme le point d’envol des âmes vers la mythique Havai’i et le monde de l’au-delà. Il y a quelques années, la population s’était soulevée pour le protéger contre un projet immobilier.

Continuons et, nous voici à Punaauia. Au départ zone résidentielle, cette commune est aujourd’hui en seconde position pour le nombre d’habitants, après Faa’a et devant Papeete. Ses hauteurs sont très prisées par les gens de Tahiti avec leurs maisons et résidences bénéficiant d’une belle vue sur l’Océan et la silhouette majestueuse de Moorea, « l’île sœur », qui se découpe à l’horizon.

Avec ses nombreuses habitations s’accrochant aux pentes, le paysage ne ressemble donc plus guère à celui que découvrit le peintre Gauguin, lors de son second séjour à Tahiti lorsqu’il s’y installa en 1894, mais il garde un charme certain. La vallée de la Punaruu, une zone d’habitat très ancienne, est aujourd’hui industrialisée. Mais les randonneurs auront ici à cœur de découvrir un site majestueux : le plateau Tamanu. Des orangers, plantés au XIXe siècle et redevenus sauvages, font, tous les ans au mois de juillet, l’objet d’une cueillette qui donne lieu à des festivités désormais « traditionnelles » quand les porteurs en redescendent à dos d’homme jusqu’à 50 kg de fruits chacun.
Côté mer, à la Pointe des pêcheurs (PK 15), le littoral accueille aujourd’hui un agréable grand parc où a été construit il y a une quarantaine d’années le Musée de Tahiti et des îles. Celui-ci a remplacé le premier temple protestant de Punaauia qui fut construit lui-même au XIXe siècle sur un ensemble de marae dédiés au dieu Oro, dieu de la guerre et de la fertilité pour les anciens Polynésiens. C’est dans ce secteur aussi qu’eut lieu la bataille de Fe’i Pi, en 1815, qui vit la victoire de Pomare II, converti à la religion chrétienne importée, contre les tenants d’un maintien de la tradition. Le musée est bien sûr un arrêt obligatoire. Il possède une collection d’objets anciens, l’une des plus riches du Pacifique (voir encadré).

À une vingtaine de kilomètres de Papeete, la commune de Paea est riche de deux marae. Le marae Ta’ata a été restauré en plusieurs phases. Peut-être est-ce celui sur lequel le célèbre explorateur et navigateur anglais Cook assista à un sacrifice humain, en 1777… Le marae Arahurahu a été très bien reconstitué dans les années 1950. On y présente régulièrement des spectacles qui sont des reconstitutions d’anciens cultes : cérémonies de mariage, d’intronisation d’arii (chefs), danses, musiques, chants…

À la découverte du « secteur » ouest de Tahiti

Bourgade tranquille nichée au pied des imposantes montagnes du cœur de l’île, Paea est typique des localités dites du « secteur », terme désignant aujourd’hui les communes de Tahiti autre que celles de l’agglomération Arue-Pirae-Papeete-Faa’a-Punaauia. De part et d’autre de la route se serrent les maisons entourées de leur fa’a’apu, le jardin en tahitien. Temples protestants et églises catholiques viennent de temps en temps ponctuer de leur imposante présence cet agencement si caractéristique. Sans oublier les magasins où les familles viennent se retrouver et discuter. La vie ici prend son temps, loin de l’agitation de la grande agglomération de Papeete.

Mais poursuivons notre route qui, petit à petit, se met à longer le lagon en offrant ainsi une agréable vue. Au loin, une crête montagneuse se terminant par des falaises proches du littoral indique une barrière climatique au-delà de laquelle la pluviosité augmente. Mais c’est aussi une porte vers un Tahiti plus préservé et plus sauvage. Au pied de cette imposante falaise, PK 28, une grotte abrite une vasque d’eau claire et cristalline issue d’une résurgence. C’est la grotte de Maraa. Selon une légende, le fond reculerait à mesure qu’on s’en approcherait…

Plus loin, au Pk 39,5, dans la commune de Papara, une plage de sable noir située à l’embouchure de la rivière Taharuu accueille les surfeurs qui profitent d’une belle et régulière houle, de mai à octobre. Ce « spot » est un des plus réputés de toute la Polynésie française. Les adeptes du surf et du body board – jeunes et moins jeunes – y proposent un spectacle permanent des plus agréables à regarder en étant tranquillement installé sur le sable noir. Les weekends, les familles tahitiennes des environs se pressent ici dans un joyeux désordre pour profiter à la fois des plaisirs de la mer et de la fraicheur de la rivière.

Non loin de là – hélas à peine reconnaissable – se tenait le marae Maha’i-atea. Le plus grand marae de Tahiti avant l’arrivée des Européens. Construit tardivement, dans les années 1766-1768, il était « incroyable » quant à ses proportions, selon les mots du capitaine Cook qui le visita en 1769 : de forme pyramidale à gradins, il s’élevait à plus de 13 m du sol et mesurait 81 x 26,5 m, dans la prolongation d’une cour pavée elle-même de plus de 80 m de côtés. Le site sera converti en carrière une centaine d’années plus tard…

Un peu après le PK 40, côté montagne, voici le golf d’Atimaono. Il est construit sur une ancienne plantation (coton, café, canne à sucre) créée en 1864 par l’Anglais William Stewart sur quelque 1200 hectares. Cette aventure, qui se termina par une faillite, fut rendue possible grâce à l’importation d’une main d’œuvre de « coolie » qui est en partie à l’origine de la communauté chinoise polynésienne d’aujourd’hui. À noter que cette immense plaine est la plus grande de l’île. À une époque, il fut même question, d’y implanter l’aéroport international de la Polynésie française en substitution de l’actuelle Tahiti-Faa’a, un peu à l’étroit il est vrai entre lagon et ville. Un projet aujourd’hui tombé aux oubliettes et qui laisse donc ce spectaculaire site intact, pour le plus grand bonheur des golfeurs mais aussi des agriculteurs nombreux à y pratiquer leur activité.

Nous voici déjà au PK 45. Le district – aujourd’hui commune – de Mataiea accueillit aussi le peintre Paul Gauguin, de 1891 à 1893 lors de son premier séjour à Tahiti. Il y peignit des toiles aujourd’hui célèbres comme Ia Orana Maria et Femme au mango. À deux kilomètres de là, on trouvera le jardin de Vaipahi et sa cascade. Un lieu de fraîcheur et de couleurs végétales, très bien mis en valeur. Un havre de paix de plus d’un hectare qui est une invitation à d’agréables promenades parmi ses richesses naturelles. Une halte indispensable.

Plus loin encore, s’engage une piste traversière praticable en 4X4 uniquement (voir encadré randonnées) qui mène au cœur de l’île et qui – via un col et par un tunnel – rejoint…la côte est et la plus grande vallée de l’île, la Papenoo. À mi-distance, au fond de la caldeira, se trouve le lac Vaihiria décrit par l’écrivain français du XIXe siècle, Pierre Loti : « une mer morte perdue dans les montagnes du centre, tout autour des mornes hauts et sévères découpent leurs silhouettes aigues dans le ciel du soir. Une eau froide et profonde que rien n’anime, ni un souffle de vent, ni un bruit, ni un être vivant, ni seulement un poisson… ».

Avant d’arriver à l’isthme de Taravao et à la presqu’île de Tahiti, voici enfin le Jardin botanique réalisé dès 1919 par l’Américain Harrisson Smith. Le Musée Gauguin qui le jouxte est hélas fermé depuis deux ans en attendant… une éventuelle rénovation. De la plage qui jouxte le jardin, une belle vue sur l’autre bouclier volcanique, Tahiti Iti (la petite Tahiti) invitera peut-être le voyageur à rêver en pensant aux milliers de kilomètres océaniques qui, au-delà, rejoignent… l’Amérique du Sud !

Le musée de Tahiti et des îles – Te Fare Manaha

Appelé aussi Te Fare Manaha, ce musée a pour mission le recueil, la conservation, la restauration, la reproduction et la présentation au public des collections ayant trait au patrimoine de l’Océanie, et plus particulièrement polynésien. Quatre départements permettent de découvrir les différents aspects de cette région du monde : nature et peuplement ; culture pré-européenne ; culture post-européenne ; exposition de pirogues anciennes. Il accueille aussi des expositions temporaires. Dans le jardin, à voir, une collection botanique originale.

Route du Monoï

Un tour de l’île de Tahiti a été mis en place par l’Institut du Monoï qui a pour mission de développer les connaissances concernant le Monoï de Tahiti©, appellation contrôlée, et d’en faire la promotion. L’occasion de découvrir des plantations de cocotiers et de tiare Tahiti, les fleurs qui entrent dans la composition de ce cosmétique renommé dans le monde entier. L’occasion aussi de visiter les établissements qui le produisent comme le Laboratoire cosmétologique du Pacifique Sud, à Papara. Une carte de la Route du Monoï indiquant toutes les étapes possibles est disponible à l’Office du Tourisme. 

Randonnées

Pour les amateurs de randonnées, des balades permettent de découvrir les vallées de la côte ouest. Au-delà de la zone industrielle, la vallée de Punaruu permet de rejoindre le Plateau des Orangers, à 800 m d’altitude, lové au fond d’un cirque impressionnant que domine, au loin, la silhouette de l’Orohena (2241m).

La vallée de la Vaihiria conduit au lac du même nom, situé à 473 m d’altitude : vaste et profond, il est cerclé de parois rocheuses pouvant atteindre 700 mètres de hauteur (l’accès au lac par l’entrée ouest de la piste, à Mataiea, est temporairement fermé mais on peut y accéder par la côte est de Tahiti, via la vallée de Papenoo. Deux ouvrages décrivent en détail les randonnées possibles, notamment sur la côte ouest de Tahiti, leurs itinéraires et leurs difficultés. Pour les visiteurs occasionnels, il est toutefois conseillé de s’adresser à un guide.

 

La Montagne : histoire, nature & randonnées – Paule Laudon ) Au Vent des Îles. / Balades en montagne : Tahiti-Moorea – Jean-Louis Saquet – Les éditions Barthémy.

Le golf d’Atimaono

Ce practice, créé en 1970, offre un parcours de 18 trous accessible aux débutants comme aux plus confirmés. Il est reconnu internationalement pour la qualité de ses « fairways » et de ses « greens » ainsi que pour la beauté de son site. Long de 5 950 m pour un par de 72 coups, le golf d’Atimaono est homologué par la Fédération française de golf. Il accueille chaque année de nombreux participants internationaux à “l’Open International de Tahiti” faisant ainsi partie aujourd’hui du circuit PGA (Professional Golf Association) FPG (Fédération Polynésienne de Golf).

Un lagon de plusieurs dizaines de km2

Les amateurs de mer pourront aussi découvrir de belles plages de sable blanc et des sites de plongée, comme le site de la Vallée blanche, l’un des plus réputés pour sa faune marine :
requins pointe blanche et requins pointe noir. À partir de 35 mètres : requins gris ;
banc de carangues argentées, balistes et toutes espèces de poissons tropicaux. La plongée est tout particulièrement recommandée en plongée dérive.

 

Le Jardin botanique Harrisson Smith

Différentes variétés de plantes exotiques aussi belles les unes que les autres, importées d’Amérique, d’Asie et d’Afrique y ont pris place. On y trouve notamment un banian planté en 1936 par Harrisson Smith, aujourd’hui d’un diamètre de plus de 70 mètres. Le jardin accueille aussi deux tortues géantes centenaires des Galápagos.

La Côte Ouest, entre lagons et vallées montagneuses.
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