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Teahupoo, un « paradis » aquatique vu par Ben Thouard

Ben Thouard s’est spécialisé dans les photos sous-marines. Ici, à aucun moment son objectif ne perce la surface ©Benthouard.comSur l’île de Tahiti, une extraordinaire vue du spot de Teahupoo, prise juste derrière la mâchoire du monstre. ©Benthouard.comLe photographe a débuté sa carrière en photographiant les exploits des surfeurs, son sport de prédilection. ©Benthouard.comVue aérienne du spot de Teahupoo, mondialement connu pour accueillir une des étapes du championnat du monde de surf professionnel. ©Benthouard.comAu fil des années, Ben Thouard s’est orienté vers un travail de plus en plus personnel et artistique, jeu de lumières et de textures auquel l’élément eau se prête particulièrement. ©Benthouard.comL’artiste révèle un univers totalement insoupçonné sous la surface d’une eau d’une limpidité inégalée… ©Benthouard.comCes dernières années, Ben Thouard s’est pris de passion pour les vagues vierges, dont il revisite l’architecture à l’infini. ©Benthouard.comConnu pour ses relations privilégiées avec les surfeurs, Ben Thouard est surtout un photographe qui n’a jamais hésité à se mettre à l’eau, même dans les pires conditions. ©Benthouard.com©Benthouard.com©Benthouard.comLa surface, toujours changeante, a donné son titre au premier ouvrage du photographe, entièrement dédié à l’élément aquatique. ©Benthouard.comLa limpidité extraordinaire de l’eau aux abords des îles de Polynésie, et notamment de Tahiti, permet des clichés rares. ©Benthouard.comSous le monstre de Teahupoo, à quelques centimètres du reef si redouté par les surfeurs… ©Benthouard.comBen Thouard sait capter comme personne la force et la puissance mais aussi la dimension infiniment vivante de l’océan. ©Benthouard.com
Teahupoo, un « paradis » aquatique vu par Ben Thouard

Né à Toulon, ville la plus ensoleillée de France, en bord de Méditerranée, le photographe Benjamin Thouard y a puisé dès l’enfance une passion pour le surf et la mer. Installé depuis 11 ans en Polynésie, il s’y est fait un nom mais a surtout découvert son âme d’artiste. Son premier livre de photographies, Surface, sorti le 15 mai, est une déclaration d’amour à la beauté du Fenua, de sa mer et de ses vagues.

Le surf a fait une entrée fracassante dans la vie du photographe Ben Thouard alors qu’il était âgé d’à peine 8 ans. Né sous la luminosité éclatante de la côte varoise, sur le littoral méditerranéen français, le jeune garçon a grandi près de la mer et des vagues. Un appel devenu une véritable drogue, un engouement addictif partagé avec ses grands frères alors que le reste de la famille ne se tenait jamais trop loin de l’eau, le papa chirurgien étant propriétaire d’un voilier qui accueillait régulièrement des croisières familiales vers la Corse… Aussi, lorsque Ben trouva au grenier un vieil appareil photo de son père, c’est naturellement qu’il commença à prendre des clichés de ses copains au surf. Le jeune homme, qui s’était également essayé à la peinture durant son adolescence, pouvait alors passer des heures, ne lisant aucun mot, simplement à rêver devant les magazines, notamment ceux dédiés au surf.

Un parcours qui mène « au bout de la route »…

Encouragé par ces premières réussites, le tout jeune photographe organise très rapidement sa vie entre Hawaii, où il séjourne deux fois trois mois dans l’année, et des voyages aux quatre coins du monde à suivre des athlètes et shooter pour des magazines. S’il reste basé à Paris, Ben Thouard a résolument mis les voiles pour vivre sa passion. Une étape sera encore franchie grâce à son amitié avec Baptiste Gossein, un « chargeur de gros » (un surfeur professionnel qui gagne sa vie en faisant des photos sur des vagues monstrueuses, NDLR) installé à Maui depuis 10 ans, mais tombé amoureux de Tahiti et de son spot mythique, Teahupoo. Ben, qui a de la famille basée à Tahiti mais n’a jamais eu l’occasion d’y venir, se laisse séduire : « pourquoi retourner à Hawaii, envahie de gens, alors que l’on peut vivre devant l’une des plus belles vagues du monde dans une telle sérénité et tranquillité, loin de la foule et de tout ce qui va avec ? ».

Ben choisit alors de se retrancher dans le travail et de développer son activité de photographe de surf. S’il parvient à en vivre et à se faire un nom sur ce créneau, grâce notamment aux belles amitiés qu’il noue avec des stars du surf parmi lesquelles le champion tahitien Michel Bourez, le photographe ne tarde pas à subir les conséquences d’une nouvelle donne : la crise. Celle qui perturbe l’économie mondiale et se combine alors avec une désaffection du surf, mais aussi une crise de la presse et des magazines, à l’heure des réseaux sociaux et de la dévaluation de nombreuses compétences. Sa vocation de photographe de sports de glisse est remise en question. Ben choisit de s’écouter et de plonger à la découverte de son côté artistique, celui qui l’appelle depuis toujours et l’invite à véhiculer des émotions à travers son travail.

Fasciné par ces images dont certaines sont parfois restées gravées en lui durant des années, Ben, qui cherchait encore sa voie professionnelle, parvint à convaincre ses parents, après l’obtention de son bac scientifique, de le laisser monter à Paris en septembre 2004 afin de suivre le cursus en trois ans d’une grande école de photographie (Icart Photo). Mais à l’issue d’une première année « géniale », le jeune homme réussit au culot à décrocher un stage qui va faire bifurquer sa vie. Accueilli au sein de la rédaction du magazine Wind, il s’y lie durablement d’amitié avec le photographe Bernard Biancotto, qui l’incite vivement « s’il veut faire photographe de windsurf » à s’installer à Hawaii. Ben, pour qui la vie parisienne est très compliquée, ne se le fait pas dire deux fois : choisissant de laisser là sa formation, il se construit son propre caisson étanche et décolle en janvier 2006 pour Hawaii, où il restera d’abord trois mois, réalisant ses premiers shootings, décrochant ses premières parutions.

Après un premier séjour commun en 2007, les deux amis vendent l’un sa maison à Hawaii l’autre son appartement à Paris pour vivre leur rêve polynésien. Début 2008, les choses sont posées, Baptiste et Ben s’installent dans leur nouvelle vie au bout de la route de la Presqu’île. Mais en 2009, le rêve tourne mal : Baptiste est très gravement blessé à Teahupoo (s’il est aujourd’hui paraplégique, le surfeur est revenu à Tahiti après plusieurs années de soins en Métropole pour y créer Are Va’a, une société qui fabrique des pirogues pour le monde entier… et cartonne !). Ben, qui était à l’eau au moment de l’accident de son ami, en est profondément affecté, au point de renoncer à surfer la vague de la Presqu’île durant plusieurs années. Mais c’est aussi un coup dur sur le plan professionnel puisque cet événement met un terme à leur fructueuse collaboration.

Magnifier les vagues tahitiennes

À partir de 2010, il commence à photographier « ce qui l’attire le plus » tout en s’efforçant de s’amuser au maximum. Les vagues ont toujours été son sujet de prédilection. Ben renoue, en les photographiant à l’infini, avec sa passion de « figer l’instant, de chercher à faire apparaître dans une unique image toutes les informations que l’on souhaite. Une photo peut être toute seule et signifier tellement ». Le photographe, qui accumule les clichés sans les montrer dans un premier temps, s’attelle à développer cette fibre artistique dans la perspective d’exposer et de vendre des prints (tirages imprimés, NDLR). 

« C’est hyper gratifiant de savoir qu’une de mes photos a été choisie par des gens pour devenir un tableau dans leur intérieur parce que cela fait écho à quelque chose en eux. Pour lancer cette activité, Ben s’appuie sur le « bon côté des réseau sociaux et d’Internet » tout en multipliant les cordes à son arc : diplôme de plongée pour les photos aquatiques et sous-marines, brevet de pilote d’ULM, achat d’un paramoteur… Mais cette fois, c’est l’arrivée massive des drones qui ne tardera pas à constituer un obstacle de taille sur certains créneaux.

« Profondément amoureux de la mer et des vagues pour leur côté intemporel », Ben Thouard choisit alors de se consacrer quasiment exclusivement à la photo aquatique en ne shootant plus que dans l’eau. En marge des sessions qu’il apprécie toujours énormément avec les surfeurs, il travaille désormais à apporter sa véritable « touche personnelle », entièrement nourrie par sa passion pour l’océan. La vie l’a à coup sûr entraîné dans ce lieu devenu son paradis pour cette raison : révéler son âme d’artiste en donnant à voir au monde la beauté envoûtante de l’océan à travers ses photos. L’artiste se dévoile dans des clichés qui magnifie la Polynésie, vue comme un continent aquatique. Des clichés qu’il a rassemblés dans Surface, un livre en français et en anglais de 184 pages, imprimé à compte d’auteur. Un livre dont les photos inédites ont à plus de 50 % été prises intégralement sous l’eau, à Teahupoo presque exclusivement (quelques-unes l’ont été dans les îles et notamment aux Tuamotu), même si on a parfois du mal à y croire tant l’élément est limpide. D’ailleurs, pour l’artiste, le doute n’existe pas : aucun autre endroit au monde n’aurait pu lui « permettre de prendre de telles photos, dans une eau aussi claire, sans particules, sans algues, de vagues aussi creuses, très tubulaires, cassant sur le récif, dans un spot par ailleurs préservé du vent et des houles parasites, et avec une lumière surréelle que la météo ne permet que quelques fois dans l’année, durant des créneaux de quelques dizaines de minutes seulement ». Un livre en forme d’ode dont l’auteur aimerait beaucoup, « même s’il n’est pas un activiste de la défense de l’environnement, qu’il contribue à permettre des prises de conscience » pour préserver ce monde si beau mais si fragile.     « Une photo parle souvent plus que des mots, et si mon travail sert à cela, j’en serais ravi…» Un très beau travail.

Ben Thouard, un « Tahiti Nui Explorer »

Le photographe, qui collabore également activement depuis 2013 aux supports des compagnies aériennes internationale et locale de la Polynésie française, est aussi un « Tahiti Nui Explorer », une personnalité qui véhicule l’image de la marque et participe à la promotion de la compagnie Air Tahiti Nui et, par ce biais, à celle de la destination Tahiti et ses îles à travers son travail et ses voyages. Ce partenariat noué avec la compagnie trois ans auparavant a permis au photographe de démarcher des clients à l’étranger afin de les inviter à faire le choix de la Polynésie pour shooter leurs campagnes de publicité. Lorsqu’il a commencé à nourrir son projet de livre, c’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers la compagnie, qui lui a alors offert une grande aide logistique sans laquelle Surface n’aurait pas été le même. Ce partenariat lui aura notamment permis de démarcher des maisons d’édition sur Paris, d’organiser l’impression du livre et de prévoir une grande tournée de promotion sur toute l’année 2018. Une très jolie vitrine pour notre destination.    

Virginie Gillet

 

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