Mangareva, la beauté secrète du Pacifique sud

© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet© P. Bacchet

Des reliefs doux et verdoyants, propices aux balades en nature, un lagon qui décline une palette de bleus infinis, un passé historique dépositaire d’un patrimoine architectural exceptionnel… Les îles Gambier sont le fruit d’une alchimie incomparable et fascinante. Partez à la rencontre de cet archipel et de ses habitants, qui n’hésiteront pas à vous dévoiler les trésors de leurs terres.

Situé à plus de 1 600 km au sud-est de l’île de Tahiti dans le prolongement des Tuamotu, l’archipel des Gambier est le plus éloigné, mais également le moins peuplé de Polynésie française, avec tout juste un millier d’âmes. Composé de plusieurs îles hautes cernées par la même barrière de corail, Mangareva, la plus grande de l’archipel, abrite plus de 80% de la population. Le village de Rikitea en est le chef-lieu. Mangareva signifie «montagne où pousse le reva», plante aussi ravissante que vénéneuse, mais également «montagne flottante». En effet, quand on fait la route depuis les îles basses des Tuamotu, on tombe subitement sur une terre qui «dépasse» de l’eau ! Le climat, rafraîchit par l’alizé océanique, est vraiment bienfaisant, car la chaleur n’est jamais accablante… Si la flore comme la faune sont exubérantes aux Gambier et qu’elles permettent aux Mangaréviens de subvenir à l’essentiel, les habitants ont une autre source de richesse : la perliculture. Celle-ci fait vivre quasiment tout l’archipel.

A Mangareva, il fait bon se promener sur la petite route qui encercle l’île. Celle-ci laisse parfois place à un simple chemin en soupe de corail. Cela vous conduira aux différents monuments, qui constituent autant de symboles de l’histoire singulière des Gambier… Peuplé par les Polynésiens provenant d’une vague d’émigration partie de l’archipel des Marquises aux alentours de 1 200 après JC, l’île va rester préservée de tout contact important avec l’extérieur jusqu’en 1834, à l’arrivée des Frères des Sacrés Cœurs de Picpus. Cette date voit naître la première mission catholique de Polynésie. Honoré Laval, le supérieur de la mission, multiplia la construction d’édifices religieux entre 1836 et 1871. Le plus grand et le plus ancien monument de Polynésie, la colossale cathédrale Saint-Michel de Riketea (1841), peut accueillir près de 1 200 fidèles, soit toute la population des Gambier ! Si vous avez la chance de pénétrer à l’intérieur, vous ne vous lasserez pas d’admirer les boiseries, incrustées de nacre. Art de détail et de finesse, les missionnaires avouaient apprécier cette occupation, une façon de tromper le temps…

Pour découvrir les autres îles des Gambier, une solution idéale est d’en faire le tour en bateau, l’archipel ayant la particularité d’avoir toutes ses îles dans le même lagon, très proches les unes des autres. L’île d’Aukena est un petit bijou. La végétation, épaisse et lumineuse, abrite plusieurs vestiges intéressants. Four à pain, four à chaux, ruines du collège des Frères, tour de guet… Et les plages sont tout simplement paradisiaques. De grandes étendues de sable fin, bordées d’une végétation tropicale luxuriante… A quelques kilomètres de là, sur l’île d’Akamaru, le temps semble s’être arrêté. Une majestueuse allée couronnée de cocotiers mène à la petite église consacrée à Notre Dame de Paix, construite en 1841. On remarquera que les deux tours de l’église sont de hauteur différente.

Peu nombreux sont aujourd’hui les privilégiés à avoir foulé le sol de ces îles magiques, aux paysages et aux traditions préservés par leur isolement. D’ailleurs, l’accueil réservé aux visiteurs en dit long sur l’intérêt porté à leur présence. Aux Gambier, on n’est jamais un «touriste» de passage. On est le bienvenu parmi une petite communauté dynamique, avec laquelle on est venu partager et échanger. Immédiatement intégré à la vie du village, le visiteur ressent une véritable atmosphère de sérénité, faisant rapidement la connaissance de tout ce petit monde qui fait vivre les Gambier : perliculteurs, pêcheurs, boulanger, prêtre, mais aussi jeunes écoliers, apprentis graveurs sur nacre… Que de découvertes pour le voyageur, loin d’imaginer toutes les habitudes régissant le mode de vie d’un petit archipel lointain. Le décalage est grand, mais la complicité s’installe, naturellement.

Tout près de l’actuelle mairie, on aperçoit la chapelle Sainte-Anne, au charme désuet, alors qu’aux abords du lagon, on pénètre le «domaine du roi», dans lequel se trouve aujourd’hui… l’école primaire ! Des restes de remparts, des petits guets en pierre aux toits coniques, tout cela forme une architecture franchement inhabituelle pour une île de Polynésie… Dans les hauteurs de Mangareva, le petit cimetière est dominé par un imposant tombeau : il s’agit de celui du roi Maputeoa. Tous les monuments des Gambier sont peints aux couleurs de ce roi, en blanc et bleu. Outre tous les sites à visiter, les possibilités de balades et de randonnées sont nombreuses et variées à Mangareva. L’ascension du mont Auorotini (dit mont Duff), haut de 441 mètres, est tout simplement splendide. De la crête, la vue plongeante, à 360 degrés, sur les baies de Mangareva et les îles, est inoubliable… Des fonds translucides du lagon au bleu profond de l’océan, les nuances de couleurs semblent irréelles. Le chemin des 12 apôtres part des ruines du couvent Rouru, qui abritait à l’époque plus de 80 religieuses, pour mener à deux magnifiques plages de sable blanc. La liste est loin d’être exhaustive : belvédères et autres chemins traversiers vous promettent un séjour fantastique, si vous prenez le temps et la peine de les parcourir.

En effet, Honoré Laval avait souhaité cette dissymétrie pour lui rappeler l’architecture de la cathédrale de Chartres, non loin de son village natal. Souci de générosité ou d’esthétique, dans cette église, la vierge Marie porte un magnifique collier de perles… La montée vers la croix, chemin de pèlerinage des Mangaréviens, est un incontournable. La vue sur Mangareva et Aukena y est féerique : des silhouettes aux contours harmonieux, posées sur un lagon qui décline des bleus à faire frémir tous les impressionnistes… L’immense lagon de l’archipel en fait également un lieu idéal pour la découverte d’une faune sous-marine riche et préservée. Plonger, simplement muni d’un masque et de palmes, est un vrai bonheur. Comme le sera sans doute le souvenir de votre séjour dans cet archipel de rêve.

Perle des Gambier, plus belle parmi les plus belles

 

Les fermes perlières peuplent le lagon de l’archipel des Gambier. Leurs stations – les bouées auxquelles on attache les filets de nacres –forment un véritable labyrinthe sous-marin. La couleur translucide du lagon vous permettra de les admirer. Outre le côté «pittoresque» des fermes pour le visiteur, ce sont elles qui font vivre la population. En effet, on dénombre plus de 130 exploitations. Les perles des Gambier sont réputées pour être les plus belles de Polynésie, donc par extension du monde ! On dit que les eaux fraîches du lagon leur donne des couleurs et des reflets magnifiques, ainsi qu’un lustre incomparable. Déjà à l’époque des missionnaires, les nacres et les perles des Gambier faisaient l’objet d’un commerce redoutable. La mission avait d’ailleurs tenté de protéger les Mangaréviens des marchands peu scrupuleux en veillant aux échanges. Sur place, les pensions organisent des visites de fermes perlières. On pourra découvrir les différentes étapes de cette activité passionnante qu’est la perliculture.

Mangareva, la beauté secrète du Pacifique sud
-
Des reliefs doux et verdoyants, propices aux balades en nature, un lagon qui décline une palette de bleus infinis, un passé historique dépositaire d’un patrimoine architectural exceptionnel… Les îles Gambier sont le fruit d’une alchimie incomparable et fascinante. Partez à la rencontre de cet archipel et de ses habitants, qui n’hésiteront pas à vous dévoiler les trésors de leurs terres.
-
-
welcome Tahiti
-