Maupiti, le rêve polynésien

Vue aérienne de Maupiti ©smartshot © P. BacchetMaupiti telle qu'elle apparaît à la descente de l'avion © P. BacchetVue sur le lagon, le village et la passe depuis le mont Teurafaatiu © P. BacchetLa fameuse pointe Terei'a © P. BacchetLes impressionnantes falaises qui dominent le village de Vaiea © P. Bacchet© P. BacchetLa passe 'Onoiau ; porte d'entrée du lagon © P. BacchetLe marae Vaiahu sur la côte sud de l'île © P. BacchetSur le site du marae Vaiahu © HazamaAmbiance nocturne sur le lagon © P. BacchetSplendide panorama au sommet du mont Teurafaatiu © Smartshot© P. BacchetScènes de vie quotidienne au village de Vaiea © P. BacchetVue plongeante sur le village depuis les falaises © P. BacchetLes fameux pétroglyphes au nord-est de l'île © P. BacchetLe village de Vaiea sur la côte est de l'île © P. BacchetPointe Tefara’ote © P. Bacchet© P. Bacchet© P. BacchetVue sur le lagon de l’ile de Maupiti dans l’archipel de la Société. ©P. Bacchet
Maupiti, le rêve polynésien
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A l’extrémité ouest de la Polynésie française dans l’archipel des îles Sous-le-Vent, Maupiti propose un voyage inoubliable dans les plus beaux paysages polynésiens et, également, une rencontre avec une population qui a su garder un style de vie authentique.

Coup d’œil sur Maupiti

L’arrivée par avion sur cette terre de l’archipel des îles Sous-le-Vent est déjà marquante. La piste barre entièrement le motu Tuanai et se prolonge sur le lagon, donnant ainsi l’impression de se poser sur un porte-avion navigant sur les eaux du Pacifique… L’île peut aussi s’enorgueillir d’avoir l’un des plus beaux aérodromes au monde… Bordant les installations, se déroule une plage de sable fin, ombragée de cocotiers, où l’on poserait volontiers sa serviette… De là, on peut contempler à loisir les somptueuses nuances de couleur du lagon et l’île principale avec sa forme de pyramide. Bienvenu à Maupiti !

Quant au lagon, il est la véritable richesse de l’île avec une vaste superficie de 27 km2. Dans sa partie nord, il est bordé de deux grands motu : Auira et Tuanai. Mais dans les parties sud-ouest et sud-est, les motu se font rares et l’île n’est protégée des puissantes houles du sud que par le récif corallien. Ce lagon se distingue par une faible profondeur et ses fonds sableux. Des ingrédients naturels qui lui donnent ces couleurs si vives et particulières. L’île ne compte qu’une seule passe, ’Onoiau, située entre les motu Tiapaa et Pitiahe. Elle est l’une des plus périlleuses de nos îles en raison de la puissance des déferlantes côté océan, de son étroitesse, et de la force des courants qui peuvent atteindre 8 à 9 nœuds (soit 14-16 km/h). Pendant longtemps, et à fortiori à l’époque héroïque de la marine à voile, la passe a été un facteur d’isolement car les navires renonçaient le plus souvent à pénétrer dans le lagon devant les éléments déchainés.

Un lieu qui constitue l’avant-poste ouest de la Polynésie française. Plus loin, dans cette direction, on trouvera seulement les trois atolls quasi inhabités de Mopelia, Scilly et Bellingshausen.
Mais revenons à Maupiti dont l’histoire commence 80 millions d’années auparavant, époque des plus lointaines où les dinosaures régnaient encore en maîtres sur la planète… C’est, pendant ces temps géologiques, expliquent les scientifiques, que s’est formé le plancher océanique sur lequel reposent les îles polynésiennes. De ce plancher surgirent d’immenses volcans qui, après s’être élevés de plusieurs milliers de mètres, émergèrent pour former toutes les îles de l’actuelle Polynésie française. Il en est ainsi de Maupiti dont la formation remonte entre 4,5 et 3 millions d’années avant notre ère, ce qui en fait une des plus anciennes îles de l’archipel de la Société. À titre de comparaison, la « jeune » île de Tahiti s’est formée, en suivant les mêmes mécanismes, de 1,37 million à 800 000 ans avant notre ère. Cet âge avancé se devine dans sa morphologie : de l’ancien volcan, et après des millions d’années d’érosion par le vent et les eaux, ne demeure que la petite île principale avec ses 12 km2 de superficie. Elle est dominée par deux sommets et marquée par les impressionnantes falaises de Hotuparaoa qui, de leur 200 mètres de hauteur, surplombent la localité de Vaiea.

L’île fut aperçue pour la première fois par le navigateur et explorateur hollandais Roggeveen dès 1722, soit 50 ans avant la « découverte » de Tahiti, mais ce dernier n’y posa pas le pied. Un scénario qui se répéta en 1769 durant la première expédition de Cook dans le Pacifique. Il releva simplement la présence de l’île. À bord de son navire, le Tahitien Tupaia qui s’était joint à l’expédition anglaise à Tahiti lui livra cependant le nom de cette terre : Maurua. Il fallut attendre ensuite juin 1823 pour que l’île sorte un peu de l’ombre avec l’expédition, du capitaine français Duperrey à bord de la corvette La Coquille. Une exploration qui, 55 ans après Bougainville, marqua un retour « officiel » des Français dans les îles polynésiennes. Pendant les temps troublés de la Révolution et de l’Empire, ils avaient laissé le champ libre aux anglo-saxons… L’expédition débarqua sur l’île et en réalisa une carte dont la précision surprend encore aujourd’hui. Naturellement, ils ne débarquèrent pas en territoire vierge. Maurua était occupée depuis plusieurs centaines d’années par les populations polynésiennes qui s’y étaient établies au cours de leur grand mouvement de peuplement des îles de la Société. En 1961, Maupiti apporta une importante contribution au débat scientifique sur ce peuplement.

En plantant des pastèques, un agriculteur mit à jour d’anciennes sépultures à la pointe sud du motu Paeao. Des fouilles et des recherches furent réalisées un an plus tard par une équipe dirigée par les professeurs Emory et Sinoto, deux grands noms de la recherche sur les civilisations polynésiennes pré-européennes. Ils dégagèrent notamment de nombreux hameçons. Leurs résultats établissaient que Maupiti fut peuplée aux alentours de 800-900 après J.-C., ce qui faisait de l’île un des sites de peuplement les plus anciens de l’archipel de la Société. Le petit motu Paeao devint un grand lieu de recherche. Plusieurs missions archéologiques se succédèrent aux cours de ces 40 dernières années, étudiant et ré-étudiant le site, mais aussi bien d’autres disséminés sur l’île. Les avancées scientifiques les plus récentes ont permis une révision de la chronologie avec un peuplement de Maupiti situé finalement entre 900 et 1200 ans après J.-C. De ces temps pré-européens en plus d’une riche tradition orale, demeurent de nombreux vestiges dont le plus important est sans conteste le marae Vaiahu dans le district de Farearii. Implanté en bord de mer, il est l’un des mieux préservés de la Polynésie française. Autres vestiges importants et marquants, les pétroglyphes, sans doute pré-européens, situés dans le lit du ruisseau Haranai au nord-est de l’île. À la fois mystérieux et évocateurs, ils sont incontournables dans un itinéraire de découverte de l’île.

À l’issue d’un recensement, il a été dénombré plusieurs dizaines de sites tels des marae familiaux et des soubassements d’habitations. Toute une richesse demeurant à valoriser car ces sites ne sont pas aisément accessibles. Les îliens sont cependant fiers de ce patrimoine. Aujourd’hui, la petite communauté des 1230 habitants, environ, a voulu et su conserver un mode de vie traditionnel où pêche et agriculture jouent un rôle prépondérant. Les surfaces cultivables sont importantes sur les deux principaux motu. Quant au lagon, bien que peu profond, il peut fournir son lot de poissons. Les eaux environnantes sont riches en thons et autres espèces hauturières, permettant aussi une pêche professionnelle. L’activité en développement est sans conteste le tourisme avec des visiteurs en quête d’une Polynésie authentique et différente, un peu hors des sentiers battus. L’île compte 17 pensions de famille et structures d’hébergement chez l’habitant. Une partie d’entre elles est implantée sur les motu avec leur plage de sable blanc issue tout droit d’une carte postale… Ici, point de « grands » hôtels à la différence de la proche Bora Bora distante de 26 miles nautiques seulement (50 km). Un choix fait et revendiqué par la population qui a souhaité privilégier ces petites structures disséminées çà et là dans les paysages.

Itinéraire

De ses sommets aux eaux de son lagon, Maupiti propose un voyage exceptionnel dans des paysages et une atmosphère si polynésienne aux royaumes des eaux bleues et du soleil éclatant. Alors embarquons pour une balade ! Rendons nous d’abord à la pointe Terei’a, à l’ouest de l’île principale. La pointe finit cette partie de l’île délimitée par la baie de Faanoa au nord et celle de Atipiti au sud. Là, une langue de sable s’étale nonchalamment, entourée par un lagon aux eaux turquoises. Les bateaux des pensions de l’île débarquent ici leurs hôtes enchantés par la découverte de cette vaste piscine tropicale sortie tout droit de la plus flatteuse des cartes postales. Le lieu est aussi prisé par les habitants de l’île lors des weekends. A deux pas de la plage, le snack chez Mimi propose ses tables ombragées pour déguster un poisson crû tout en admirant la vue. Le visiteur risque fort de s’y perdre dans une douce et longue contemplation.

En face, à 600 mètres environ se trouve le motu Auira. La profondeur du lagon est si faible qu’il est possible de le rejoindre à pied. Pour les habitants de Maupiti, cette marche ou cette traversée – on ne sait plus trop – fait partie d’un itinéraire initiatique pour découvrir le cœur et l’âme de l’île. Le visiteur se doit de le commencer à partir du motu Auira, rejoindre la pointe Terei’a et s’élever vers les sommets de l’île. Un bel itinéraire en effet mais nous n’attaquerons pas de suite cette ascension et nous mettons d’abord le cap sur le motu Paeao. Navigation faisant, on longe le vaste motu Auira. Sur cette large bande de terre fleurissaient, entre lagon et océan, les plantations de pastèques. Culture quelque peu en déclin car pénalisée par l’absence de déserte maritime régulière de l’île avec l’arrêt, en octobre 2014, des rotations du Maupiti Express. Fortutile, le navire effectuait la navette avec les autres îles de l’archipel. Il est donc devenu difficile pour les Maupiti d’expédier les produits de leur travail vers l’île de Bora Bora avec ses nombreuses tables de grands hôtels à garnir de fruits.

Mais, sans transition, il est temps de prendre de la hauteur ! Et de se lancer à la conquête du Mont Teurafaatiu. L’ascension ne débute pas très loin de l’eau, d’ailleurs, dans la petite localité de Vaiea. Il faut bien compter deux heures et demi d’efforts pour conquérir le toit de Maupiti. Mieux vaut ne pas s’aventurer seule et s’adjoindre les services d’un guide car le sentier ne se trouve pas facilement dans certaines sections de l’itinéraire. La récompense est largement supérieure aux efforts avec un panorama exceptionnel, sans doute un des plus beaux offert par nos île : une vue à 360 ° sur l’île et son lagon qui apparaissent dans une splendeur inégalée. Plus au loin vers l’Est, au dessus de l’Océan, se dégage nettement la silhouette de Bora Bora avec le fier Mont Otemanu. Les plus sportifs ainsi que les âmes peu sensibles aux vertiges peuvent se lancer sur un chemin de crêtes aboutissant aux falaises de Hotuparaoa. Une traversée entre roches et cieux ouvrant la voie à un autre panorama exceptionnel. En mai 2013, un téméraire a effectué de ces même falaises un saut en BASE Jump, variante extrême du parachutisme qui consiste à sauter d’objets fixes – et non d’avion – avec une voile à ouverture rapide. Un moyen commode – quoique risqué – de retrouver le niveau de la mer rapidement.

Après quelques minutes, on abordera le motu Paeao, connu depuis qu’il a accueilli des campagnes de fouilles sur les traces de la civilisation polynésienne anciennes et de ses énigmes. Aujourd’hui, néanmoins, inutile de scruter d’éventuelles traces…Après les fouilles, les archéologues remettent les sites en l’état les recouvrant de leur linceul de sable, de terre et de pierres. Ce qui présente le grand avantage de protéger d’éventuels objets non exhumés et de préserver le site pour des recherches futures. Le motu est entourée de deux hoa, des passes peu profondes. A l’est celle d’Avaava Vaiatoti, fait le bonheur des visiteurs qui partent, en snorkling, à la découverte de ce jardin de corail en se laissant porter par le courant. Ici, une abondante faune sous-marine se donne rendez-vous appréciant, sans doute, les arrivées d’eaux du large car le récif est tout proche. Et sur terre, l’œil plonge sur d’interminables plages idylliques qui bordent les motu ou se régalent devant la silhouette majestueuse de l’île.

Et justement, après les sommets, les fonds. Mettons le cap vers la partie sud est du lagon dans le prolongement de la passe ‘Onoiau pour y rencontrer des « stars » de l’île : d’impressionnantes raies. Elles ont élue domicile dans cette zone qui fait office pour elle de « station de nettoyage ». Elles viennent se faire débarrasser de leurs parasites par des petits poissons de lagon et se frotter également aux patates de corail. Presque toujours au rendez-vous, elles font la joie des visiteurs qui peuvent plonger à leur côté. Leur envergure impressionnante, la proximité de leur évolution en font un spectacle des plus appréciés. Mais poursuivons et guère plus loin en abordant le superbe motu Tiapaa. Bordant la passe Onoiau, il est bordé dans une grande partie de longues plages que ce soit côté océan ou côté lagon. Les vents des Alizés rafraichissent ce lieu idyllique qui accueillent plusieurs pensions qui ont trouvé là un décor des plus attractifs. Mais le plus bel endroit est incontestablement, la pointe Tefara’ote à l’extrémité nord du grand motu Tiapaa. Une pointe de sable ou se mêlent différentes eaux du lagon, un endroit magique, hors du temps… Un des plus beaux de toute la Polynésie française. La pointe propose aussi un panorama extraordinaire sur avec les falaises de Hotuparaoa et leur succession de pic. Un point de vue unique et inoubliable comme la rencontre avec Maupiti.

Maupiti, le rêve polynésien
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A l’extrémité ouest de la Polynésie française dans l’archipel des îles Sous-le-Vent, Maupiti propose un voyage inoubliable dans les plus beaux paysages polynésiens et, également, une rencontre avec une population qui a su garder un style de vie authentique.
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welcome Tahiti
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