Papeete, un melting-pot architectural

Vue de la Mairie de Papeete © P. BacchetCESC 1 © P. BacchetVue aérienne de Papeete 4 © P. BacchetVue de la Cathédrale de Papeete © P. BacchetAssociation Koo Men Tong © P. BacchetVue aérienne de Papeete 3 © P. BacchetTemple Kanti 1 © P. BacchetTemple Kanti 2 © P. BacchetPrésidence © P. BacchetVue aérienne de Papeete 1 © P. BacchetCESC 2 © P. BacchetVue aérienne de Papeete 2 © P. BacchetMaison du pharmacien © P. BacchetVaiami © P. BacchetVue du Centre Vaima © P. Bacchet
Papeete, un melting-pot architectural
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Capitale de nos îles et cœur de Tahiti, Papeete dévoile par son architecture étonnante et bigarrée une riche histoire, celle de la Polynésie française avec son métissage, ses évolutions et révolutions. Découverte.

L’architecture polynésienne a connu de profonds changements à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, notamment avec l’aménagement urbain de la ville de Papeete pour des raisons militaires et commerciales. Mais remontons encore plus loin dans le temps ! Au tout début du XIXe, l’arrivée des missionnaires chrétiens dans nos îles, fut synonyme de grands bouleversements architecturaux. Ces derniers n’étaient visibles que par les édifices religieux comme les cathédrales, églises et temples. Cependant, ces bâtisses utilisaient encore des matériaux issus de la nature tels que le corail, la fibre naturelle ou la terre. Au niveau de l’habitat, le bois fut pendant longtemps le matériau de prédilection des Polynésiens. Son abondance et sa diversité dans la plupart des îles en faisaient une ressource disponible pour le peuple qui misait sur les grandes ouvertures et sur les pilotis, dès lors que l’habitation était située dans une zone proche de l’océan ou d’une rivière, et donc très humide. Les conditions climatiques et l’industrialisation polynésiennes ont cependant conduit à l’utilisation de nouveaux matériaux, laissant ainsi place au béton, à la tôle et autres.

Puzzle, patchwork et melting pot… 

Papeete peut être assimilée à un puzzle géant, un patchwork ou melting pot architectural, dans lequel il est possible de jouer à deviner les différentes influences qu’elle a subi, où l’on peut lire les différentes époques que l’île a connues. Les bâtiments sont en quelques sortes des strates, et chacun d’entre eux témoigne du moment « T » auquel il est apparu. Et cette impression de « petit chaos » qui se dégage dans l’ambiance de la ville, qui pourrait être difficile à appréhender pour les touristes au premier abord, est peut être finalement le caractère même de la ville, son essence, ce qui la rend si particulière. Papeete est peut être un des meilleurs exemples de la façon de vivre de sa population : il n’y a qu’aujourd’hui qui compte, personne ne se soucie du lendemain, comme une réinterprétation du carpe diem d’Horace ! L’architecture est marquée principalement par trois grandes influences : l’influence chinoise due à la présence d’une importante communauté de Polynésiens d’origine chinoise sur le territoire ; l’influence coloniale due à cette période historique allant du 6 novembre 1843, date à laquelle le royaume Pomare est devenu une colonie française, à 1946 date à laquelle Tahiti devient un territoire français d’outre-mer et, enfin, l’influence de l’époque moderne qui a profondément marqué l’évolution du paysage urbain de Papeete avec la bétonisation intense du centre ville. Dans ce dernier cas, il fallait construire rapidement, efficacement, et à moindre coût.

L’influence coloniale… 

Le passé colonial de la Polynésie française constitue une part importante de l’histoire de la ville de Papeete. Il a en effet marqué de façon durable le paysage architectural de Tahiti et de ses îles et représente aujourd’hui un patrimoine à sauvegarder coûte que coûte tant les édifices remontant à cette époque sont devenus rares. Le peu de ces constructions ayant survécu au bombardement de Papeete en 1914 par des navires allemands présents dans le Pacifique, ainsi qu’aux cyclones, ont été pour la plupart restaurés. Dans cette architecture coloniale de Polynésie française, certains éléments sont quasi constants, tels que les colonnades, constitués la plupart du temps de piliers en fonte ; le toit, à quatre pentes et couvert en tuiles romanes ; l’utilisation de deux couleurs principales en façade ; ou encore l’accentuation des encadrements d’ouvertures et des angles par un changement de couleur.

Benjamin Lugrezy

La ville de Papeete est loin d’être ce que pourrait s’attendre à voir un visiteur débarquant sur l’île de Tahiti pour la première fois. Elle n’a pour son essentiel vraisemblablement rien à voir avec les clichés des habitations polynésiennes de type fare, utilisés pour la promotion de la Polynésie française à travers le monde. Il faut malgré tout lui laisser sa chance ! Derrière cette première impression qu’elle peut laisser d’une ville désorganisée où chaque construction semble suivre son propre fonctionnement sans se soucier de ce qui l’entoure, elle peut réserver de belles surprises, du moins à celui qui sait les voir. Alors partons à sa découverte !

L’influence chinoise… 

La Polynésie française a connu deux vagues d’immigration chinoise. L’une aux alentours de 1863, la seconde durant le premier quart du vingtième siècle. Cette présence chinoise est facilement identifiable au regard de la ville de Papeete. Ici et là, on trouve de nombreux bâtiments aux accents asiatiques, plus ou moins prononcés.

Papeete, un melting-pot architectural
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Capitale de nos îles et cœur de Tahiti, Papeete dévoile par son architecture étonnante et bigarrée une riche histoire, celle de la Polynésie française avec son métissage, ses évolutions et révolutions.
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welcome tahiti
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